Publié le 20 mars 2026
« Pour le Finistère, notre objectif était de 180 tonnes après les 177 tonnes de dons, l’an passé » : les Restos du cœur craignent une nouvelle poussée de la précarité
Sur le pont ce week-end pour leur collecte, les Restos du cœur font face à un afflux de bénéficiaires. Des Bretons que la hausse des prix de l’énergie pourrait encore fragiliser.

Des boîtes de conserve, du café, des sachets de pâtes ou des produits d’hygiène. Les chariots des Restos du cœur ont fait le plein partout en France, ce week-end, à l’occasion de la collecte annuelle de l’association caritative. « Les gens sont généreux », constatent Selim et Jeanne, deux des seize élèves du lycée du Léon mobilisés pour l’occasion, ce dimanche matin, à l’entrée d’un supermarché de Landivisiau (29).
Pour Annick Mobihan, la présidente de l’association départementale des Restos du cœur, la solidarité devrait à nouveau être au rendez-vous. Les premières estimations semblent le confirmer, alors que la collecte représente, chaque année, près de 8 500 tonnes de produits, soit 12 % des besoins à l’échelle nationale : « Pour le Finistère, notre objectif était de 180 tonnes après les 177 tonnes de dons, l’an passé ».
Budgets resserrés
L’enjeu est plus fort que jamais, alors que les prix des carburants à la pompe grimpent. Dans ce contexte de guerre au Moyen-Orient, les bénévoles s’attendent à un nouvel afflux de personnes en difficulté. « Après l’augmentation des coûts du logement et de l’alimentation, elles vont avoir besoin de nous parce que tout ce qu’elles mettront dans le carburant pour aller travailler, elles ne pourront pas le dépenser pour se nourrir », s’inquiète la bénévole. Avant de tenter de rassurer les plus démunis à la lumière de la mobilisation du week-end.
À la sortie du magasin, Maxime, 18 ans, explique avoir remis quelques boîtes de conserve à l’occasion de ses courses alimentaires du week-end : « C’est important que ceux qui se retrouvent en difficulté se sentent aidés. »
Un nouveau centre face à la précarité
Le contexte économique est compliqué pour de nombreux Finistériens : 1,7 million de repas ont été distribués lors de la dernière campagne auprès de 16 000 bénéficiaires dont le nombre a augmenté l’an dernier d’environ 10 %. « Plus que les autres années, on l’a ressenti à la rentrée dans nos centres de Brest, Plouzané et Quimper qui ont enregistré un afflux d’étudiants. La précarité augmente », s’inquiète la présidente de l’association départementale.
Dans ces conditions et face à la saturation des Restos brestois, l’ouverture d’un second centre s’avère nécessaire. « À la rentrée prochaine, celui de la rue de la Villeneuve devrait être remplacé par deux Restos situés à Keredern et Recouvrance », souligne Annick Mobihan.
Vers une seconde collecte annuelle
Pour répondre aux besoins, « la grande distribution, l’industrie agroalimentaire, les agriculteurs mais aussi les transporteurs jouent le jeu », souligne Yvon, coresponsable des Restos de Landivisiau aux côtés d’Anne et de Guy. L’afflux de bénéficiaires pourrait toutefois conduire à lancer une seconde collecte annuelle, auprès des clients de la distribution, avant l’hiver prochain.
L’association aura encore grand besoin de conserves individuelles à base de protéines animales ou végétales, alors que la moitié des bénéficiaires est composée de personnes vivant seules. L’un des ingrédients, avec l’écoute, de l’accompagnement des Bretons en situation de précarité accueillis par les bénévoles. Ils restent mobilisés pour que pousser la porte des Restos du cœur ne soit pas une nouvelle épreuve.
© Le Télégramme 09/03/2026